Comment préparer son séjour à la maternité ?

La date du terme approche, faire la valise est sur votre to do list. Sur le papier, préparer le séjour à la maternité est une formalité. Mais plus le départ pour la maternité approche, plus il devient évident que ce qui se passera à la maternité est flou. L’accouchement et la naissance de votre enfant apparaissent comme une échéance butoir, un mur au-delà duquel il est difficile de se projeter.

Et pour cause !

Après la naissance, votre bébé sera à côté de vous et plus dans votre ventre. Il s’agira donc d’abord de faire connaissance avec cette toute nouvelle personne. Ensuite, si c’est votre premier bébé, il y a fort à parier que vous n’ayez aucune expérience avec un nouveau-né. Vous ne savez pas non plus dans quel état physique et émotionnel vous serez après l’accouchement. Toutes ces inconnues en sont bel et bien. L’accouchement est un moment de la vie qui se prévoit très mal. Il faut être prêt à s’adapter au fil de l’eau pendant et après.

Cependant, il y a une inconnue majeure que vous pouvez clarifier : comment se passe un séjour à la maternité ? Peut-être n’avez-vous jamais (ou pas depuis longtemps) séjourné à l’hôpital. C’est ce que je vais aborder dans cet article.

Une jeune maman et son nouveau-né pendant leur séjour à la maternité

Préparer son séjour à la maternité dans un bon état d’esprit

A l’époque de la réflexion sur la matrescence et de la lutte contre les violences gynécologiques, le séjour à la maternité cristallise des attentes impossibles. Entre attente d’un soutien que le village et la famille ne fournissent plus ou peu et défiance des soignants, notre rapport à ce séjour est plein d’ambivalence. Et d’expérience, je pense qu’on est finalement ni materné(e), ni violenté(e) à la maternité.

Ne me comprenez pas mal. Je ne nie pas les violences gynécologiques qui arrivent malheureusement, ni l’empathie dont font preuve la plupart des soignants. J’ai fait l’expérience des deux à titre personnel.

Il n’y a pas de fumée sans feu

Au titre des violences gynécologiques, j’ai une pensée particulière pour ce gynécologue appelé en urgence pour pratiquer une révision utérine car j’étais en train de faire une hémorragie de la délivrance. Il est entré dans la salle sans m’adresser un regard (comprenez : à mon visage) ni me dire bonjour. Il s’est ensuite adressé de manière plutôt hautaine à la sage-femme qui avait été là pour mon accouchement, l’a reprise sur le seuil auquel on détermine qu’il y a hémorragie (je vous le donne en mille, c’est elle qui avait raison) avant de s’installer pour procéder… sans s’assurer de mon analgésie. Spoiler alert : elle ne fonctionnait pas, j’ai dû l’interrompre pour que l’équipe règle le problème.

Je pourrais aussi penser à l’égo de cette gynécologue qui est entrée dans la salle pour la poussée avec un : “Alors, vous vouliez vraiment que ce soit moi qui vous accouche, hein ?

Ou à cette auxiliaire de puériculture, passée en coup de vent, qui m’a attrapé le sein sans ménagement et l’a fourré dans la bouche de mon premier bébé pour me montrer comment m’y prendre (enfin correctement) pour l’allaiter. C’était si facile, n’est-ce pas, que j’ai ensuite eu des crevasses à en pleurer pendant quatre semaines.

Bref, ça arrive.

Les soignants sont généralement soutenants

Au titre du souci d’autrui des soignants, je pense à Valentine, Robin, Claire, Mélanie et à tant d’autres restés anonymes dans mes souvenirs. Ils ont été présents, disponibles pour répondre à une question, blagueurs dans les moments légers, sérieux dans les moments moins drôles, compatissants quand je partageais une douleur, rassurants face à mes doutes… Et toujours des guides veillant sur ma santé et celle de mon bébé.

Ils sont nombreux, et restent d’autant plus flous avec les masques, les plis des blouses qui cachent les badges nominatifs, les gardes en trois-huit qui font se succéder les équipes, le nombre de chambrées à surveiller. Mais ils ont rarement choisi leur métier et ses contraintes par hasard, ils ont souvent de l’empathie à revendre, sans parler de leur compétence évidente.

Les mauvais souvenirs marquent plus et se partagent mieux que les bons. Ne laissons pas cela occulter le fait que les bonnes rencontres sont infiniment plus nombreuses que les mauvaises à l’hôpital.

Le secret : le séjour à la maternité est une hospitalisation

Donc oui, il y a parfois des actes plus agressifs qu’il ne faudrait. Non, les soignants ne doivent pas être diabolisés. Et non, les soignants n’ont pas non plus le temps de nous materner à la maternité.

Car le grand secret du séjour en suites de couches… c’est qu’il s’agit d’une hospitalisation. Avec toute la connotation médicale que porte ce mot qu’on évite un peu trop d’utiliser pour désigner ces quelques jours.

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Anticiper une réalité terre-à-terre

Si le séjour à la maternité n’est pas le cocon moelleux d’accompagnement que l’on s’imagine parfois, c’est parce que ce n’est pas son objectif premier.

La maternité est (aussi) un lieu de travail

Ce séjour sert en effet avant toute chose à surveiller l’état de santé des femmes qui ont accouché et des nouveau-nés. Le tout dans un cadre favorable à une intervention rapide en cas de besoin.

Donc en suites de couches, Bébé et vous êtes constamment surveillé(e)s par une équipe médicale. Parfois via un monitoring de vos fonctions vitales, a minima par la rotation des équipes qui se passent votre dossier toutes les 8 à 12h. Les examens médicaux, la logistique et l’emploi du temps sont prévus pour gérer les x chambres du service : surveillance médicale de la mère et du nouveau-né à x heures et jours de vie, repas, ménage, visites des proches, etc.

Je parlais de cette logistique un peu pénible il y a quelques jours à l’occasion de l’hospitalisation de P’tite Nana pour une mauvaise gastro. C’est simplement inhérent à un lieu de soin qui accueille beaucoup de personnes à la fois.

Autant nous, usagers de la maternité, y passons un moment extraordinaire de notre vie, autant les professionnels y travaillent comme nous, nous allons au bureau. Rien d’extraordinaire à ça. Il y a des trucs qui marchent et d’autres moins, des professionnels excellents et des incompétents.

Les professionnels de la santé sont humains

Evoquer l’incompétence est de l’ordre de l’indicible quand on parle des professionnels de la santé.

Pourtant, plusieurs personnes vous recommanderont ce chirurgien renommé pour une opération sensible. Et tout le monde dans le service sait que tel infirmier s’y prend que les autres avec les enfants. Cela implique bien que les autres sont un peu moins bons. A fortiori, on entend parfois parler de procès de médecins pour tels ou tels faits. Certains relèvent de l’erreur ponctuelle, d’autres de manquements plus structurels. Il y a bien des cas d’incompétence, en termes de savoirs, de savoirs-faire ou de savoirs-être.

Finalement, il n’y a rien de très surprenant à ça. Sous la casquette de professionnels de la santé se tiennent avant tout des personnes, humaines, comme vous et moi.

Elles sont souvent arrivées là par vocation et ont encore plus souvent à cœur de faire de leur mieux pour vous aider. Néanmoins, elles ont aussi leurs propres préoccupations qui sont totalement indépendantes de vous : des chefs pressurisants, des nuits trop courtes, des enfants, des quiproquos, des égos, des soucis, des oublis.

En sortant de la maternité, la gynéco n’a pas fait votre ordonnance de contraception ? C’est bête et c’est humain, c’était vendredi 17h. (Anecdote véridique, comme d’habitude ici. Notez que l’oubli était sans conséquence : je voyais une sage-femme à domicile sous 24h.)

Ce qu’il faut en retenir : pragmatisme et intérêt sincère

Les discours sur l’accompagnement qu’on reçoit à la maternité, souvent un peu idéalisés ou diabolisés, passent à côté de ces réalités très concrètes, locales et quotidiennes : un lieu de travail avec ses contraintes et ses défauts, des humains faillibles. Or, elles ont un impact direct sur le vécu qu’on a lorsqu’on accouche et séjourne à la maternité.

C’est contre-intuitif, mais il me semble qu’en tant que future parturiente, s’intéresser aussi aux professionnels de la maternité en tant qu’individus (leurs enjeux, difficultés, contextes, attentes, envies, etc.) est très utile pour préparer son accouchement et son séjour, le jour J.

Comment préparer son séjour à la maternité concrètement ?

Ok, mais concrètement ? Voici quelques pistes-clé à retenir pour préparer son séjour à la maternité :

Créez du lien avec les équipes en amont

A moins d’avoir programmé une césarienne ou de prévoir un accouchement sur plateau technique avec votre sage-femme ou gynécologue, vous ne saurez probablement pas qui précisément sera là le jour J. C’est quand même utile d’investir les quelques rendez-vous qui précèdent l’accouchement à la maternité, que ce soit un RDV de suivi, la consultation pré-anesthésique ou un cours de préparation à la naissance et à la parentalité.

Poser un maximum de questions, essayer de comprendre le rôle de chacun et l’organisation pratique de la maternité vous permettra d’être plus à l’aise lorsque vous y séjournerez.

Ecrire un projet de naissance

Le projet de naissance est un excellent outil pour faciliter la rencontre avec le personnel. Lorsque vous arrivez à la maternité, vous n’êtes pas forcément en conditions de faire la causette. Avoir un papier qui résume ce qui est important pour vous sous la main est franchement utile. On pense surtout à ce qui se passe en salle de naissance, mais pourquoi pas inclure des éléments sur le séjour en suites de couches ?

Accorder ses attentes avec la réalité

Normalement, c’est chose faite à la lecture de cet article !

Plus sérieusement et globalement, ne vous satisfaites pas de vos premières impressions sur ce que doit être le séjour à la maternité. Ecoutez les témoignages de vos proches et de soignants. Diversifiez vos sources. Soyez à l’écoute des discours qui divergent de ce que vous avez déjà entendu.

Prévoyez la présence d’un accompagnant

Si la présence d’un accompagnant coule souvent de source en salle de naissance, c’est moins le cas en suites de couches.

Pourtant, être seule face aux soignants 24h/24 alors qu’on vient soi-même d’accoucher peut être éprouvant. Etre accompagné par le papa, un parent, un(e) ami(e) pour recevoir les nombreuses informations du moment, prendre des décisions sur les soins ou le timing du retour à la maison est un vrai plus.

Notez que ça s’organise pour un premier bébé… et c’est un casse-tête niveau 2 pour un petit frère ou une petite sœur !

Et encore créer du lien

Mon dernier conseil, une fois sur place, est le même que le premier : créez du lien avec les équipes.

Posez vos questions, remerciez des explications, demandez les noms et les rôles de chacun, intéressez-vous aussi à eux. Vous comprendrez mieux qui est qui et qui vous dit quoi. Et les équipes vous remercieront, elles aussi, de ne pas les prendre pour des numéros.


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Questions fréquentes

Vous avez d’autres questions, un peu plus pratico-pratiques sur comment se passe le séjour, ce qu’il faut en imaginer ? Voici les réponses aux questions les plus fréquentes qu’on se pose à ce sujet quelques temps avant d’accoucher.

Quelle est la durée du séjour à la maternité ?

La recommandation de la Haute Autorité de Santé* est la suivante :
– Accouchement par voie basse : 72h à 96h (3 à 4 jours)
– Accouchement par césarienne : 96h à 120h (4 à 5 jours)
En pratique, cela dépend essentiellement de vos états de santé (Bébé et maman) et de leur appréciation par votre maternité.

Qu’est-ce qu’un « PRADO » ?

Le PRADO (Programme de Retour A DOmicile) permet un retour anticipé à domicile si :
– L’état de santé de la mère et de l’enfant le permet
– Les rendez-vous de suivi post-partum sont organisés
– La mère / le couple le souhaite

Quelle liste utiliser pour préparer sa valise de maternité ? Quels documents dois-je prévoir ?

Cette question mérite un article à elle toute seule ! Voici ma liste des essentiels à emporter.

J’ai entendu parler de la nuit de la java, c’est quoi ?

A partir de 24h de vie environ, le nouveau-né qui a essentiellement dormi et bu un peu de colostrum jusqu’ici commence à avoir sérieusement faim ! En plus, la mère, en pleine montée de lait, sent le lait chaud à plein nez. Le nouveau-né est donc agité, dort peu. C’est un peu pénible, particulièrement la nuit, d’où l’expression « nuit de java ». Cela dure en général un jour, maximum deux.
Ce n’est pas le seul phénomène un peu surprenant qu’on découvre avec un nouveau-né à quelques heures de vie. Voici donc un article qui zoome sur ce moment unique pour mieux décoder Bébé à la maternité.

Il paraît que la chute d’hormones et le baby blues sont violents. Est-ce qu’on peut y faire quelque chose ?

Oui, et non. La chute d’hormones, l’intensité de ce que vous allez vivre et l’enjeu qu’est le fait d’accueillir un bébé font que vous passerez par des montagnes russes d’émotion… et c’est normal. Il n’y a pas grand-chose à faire. Et puis faut-il vraiment lisser cela ? C’est aussi ce qui fait que c’est un des grands moments de la vie, qui marque pour toujours.
En revanche, savoir que cela va se produire, reconnaître ces montagnes russes quand vous serez dedans, pouvoir en parler à votre accompagnant et vos soignants… Tout cela vous aidera à mieux les traverser.

On m’a parlé d’une fiche où noter les tétées et les changes de couche, ça existe vraiment ?

Oui, la surveillance d’un nouveau-né passe par la surveillance de ses prises alimentaires, de ses urines et de ses selles. L’autre élément majeur étant son retour au poids de naissance. La plupart du temps, on vous demandera donc de noter les horaires de ces trois évènements pendant tout le séjour et Bébé sera pesé au moins tous les jours pour s’assurer que son poids est bon.

Comment se déroulent les repas ? Puis-je garder mon bébé 24h/24 ou le confier pour la nuit ? Combien de visites sont autorisées ?

Toutes les réponses à ces questions dépendent de votre lieu d’accouchement. Ce sont d’excellents sujets à aborder à votre prochain rendez-vous !

Le séjour à la maternité est-il gratuit ?

Gratuit, non : l’hébergement, les soins, les compétences du personnel ont un coût. Celui-ci est généralement pris en charge en intégralité par la Sécurité Sociale (et la mutuelle, si on en a une). Le reste à charge est faible à nul. Nous avons cette chance !

A lire sur le séjour à la maternité

Sources

* HAS – Recommandations de bonne pratique « Sortie de maternité après accouchement : conditions et organisation du retour à domicile des mères et de leurs nouveau-nés », mars 2014

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